SARKOSY et la FONCTION PUBLIQUE

Publié le par lavapeur

L'ECHO DES MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, vous livre les gesticulations du Président vis à vis de la "Fonction dite publique".

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Nicolas Sarkozy s'est donné le temps de déminer le terrain en reportant au 20 septembre le discours qu'il devait prononcer ce mercredi à Nantes sur la fonction publique.

L'Elysée a expliqué ce report, annoncé lundi soir, par des "contraintes d'agenda".

L'entourage du chef de l'Etat invoque la promesse qu'il avait faite d'assister mardi à Strasbourg, après un déplacement en Bretagne, à Rennes, aux obsèques du policier mort accidentellement la semaine dernière lors d'une visite à Colmar.

Cela ne ressemble guère à Nicolas Sarkozy, cependant, de se plier à de telles "contraintes d'agenda" et de reporter un discours attendu et annoncé comme important.

"C'est une opération de déminage. Ou alors il y avait de gros risques de manifestations (à Nantes)", dit-on de source proche de la direction de l'UMP. "Mais connaissant Nicolas Sarkozy, rien n'est fait au hasard."

Les syndicats se perdent aussi en conjectures.

"Je n'ai eu aucune explication, aucun contact, ni pour nous annoncer le report, ni pour nous dire pourquoi", a déclaré à Reuters le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, qui a cependant son idée sur la question.

"Les contraintes que le président s'est données avec ses choix fiscaux rendent très difficiles pour lui de répondre aux demandes des fonctionnaires en matière salariale", estime-t-il.

A cela s'ajoute un assombrissement des perspectives de croissance économique, qui risque de réduire encore les marges de manoeuvre du gouvernement.

Or, les syndicats estiment que l'évolution du pouvoir d'achat des fonctionnaires a pris un retard de 6% depuis 2000 et exigent l'ouverture de négociations salariales.

Les contraintes économiques et budgétaires risquent de rendre plus difficile la réalisation d'une autre promesse du chef de l'Etat : redistribuer sous forme de revalorisation des traitements la moitié des économies réalisées grâce au non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite.

Nicolas Sarkozy mise sur cette promesse pour faire passer la suppression de 22.800 emplois dans la fonction publique en 2008, soit le non-remplacement d'un départ à la retraite sur trois, qui devrait être porté à un sur deux les années suivantes.

LE SPECTRE DE 1995

Le 2 septembre, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a soufflé sur les braises de la grogne suscitée par ces suppressions de postes en parlant de "plan de rigueur".

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le Premier ministre, François Fillon, se sont attachés à corriger le tir en récusant l'idée d'un tel plan de rigueur.

Mais c'est le chef du gouvernement lui-même qui a rallumé la mèche dimanche en évoquant un autre sujet sensible.

François Fillon a déclaré sur Canal+ que la réforme des régimes spéciaux de retraite était prête et consistait à les aligner sur celui de la fonction publique.

Cette déclaration a suscité la colère des syndicats, qui soupçonnent une volonté de "passer en force", même si le Premier ministre a souligné que cette réforme serait menée "dans la transparence et la concertation".

Le report du discours de Nantes, dit-on à l'Elysée, n'a rien à voir avec la réforme des régimes spéciaux, dont le chef de l'Etat a prévu de parler le 18 septembre devant l'Association des journalistes de l'information sociale, au Sénat.

L'émoi suscité par les déclarations de son premier ministre n'en complique pas moins la tâche du président en provoquant un durcissement des syndicats, qui fait renaître le spectre des grandes grèves de l'automne 1995.

Le paradoxe est que la réforme des régimes spéciaux, qui ne touchent que 500.000 actifs et 1,1 million de retraités, semble plutôt populaire auprès du reste de la population et que même les socialistes en acceptent désormais l'idée.

François Fillon, lassé d'être cantonné dans l'ombre d'un président omniprésent a-t-il voulu affirmer son existence en se rebiffant, comme le croient des membres de la majorité UMP ?

"Il n'était pas forcément opportun de s'exprimer comme ça", confie un proche du chef de l'Etat, lequel souhaiterait de la discrétion sur le sujet jusqu'au 18.

"Le président a dit qu'il s'exprimerait le 18. D'ici-là, chacun doit attendre son discours. Il estime que c'est à lui de parler des régimes spéciaux", dit-on de même source.

"Un peu de méthode ne nuit pas à la solution d'un problème", a pour sa part déclaré Nicolas Sarkozy mardi à Rennes.

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