HERBERT VON KARAJAN , son CENTENAIRE et SALZBOURG.

Publié le par lavapeur

HERBERT VON KARAJAN ET SON CENTENAIRE



L'ECHO DES MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, salue le centenaire de la naissance d'HERBERT VON KARAJAN.
Salzbourg, la ville natale du chef d'orchestre Herbert von Karajan, a marqué samedi le 100e anniversaire de sa naissance, le 5 avril 1908, par une cérémonie d'hommage en présence du président de la République autrichienne, Heinz Fischer.

"Karajan était un citoyen du monde par excellence, qui était chez lui sur toutes les grandes scènes du monde. Mais son véritable foyer était Salzbourg", a déclaré la gouverneur de la province, Gabi Burgstaller.

La cérémonie, ponctuée par un quartette du Philharmonique de Vienne, s'inscrivait dans une série d'hommages rendus durant toute l'année à l'artiste en Autriche, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Suisse et au Japon.

L'opéra de Zurich (Suisse) programmait de son côté samedi, égalemement en hommage à Karajan, une reprise du "Chevalier à la Rose" de Richard Strauss, sous la direction de l'Autrichien Franz Welser-Möst.

Salzbourg avait donné le coup d'envoi des festivités le 5 janvier, avec un concert où l'Orchestre du Mozarteum avait joué, dans le Palais des festivals qu'avait fait construire Karajan en 1960, le même programme que celui qu'il avait dirigé lors de ses débuts le 22 janvier 1929.

Karajan, qui dirigea en parallèle plusieurs formations de prestige, dont le Philharmonique de Berlin, avait choisi de faire de sa ville natale le centre de ses activités après avoir pris son essor professionnel dans l'Allemagne nazie des années 1930.

Sa carrière a décollé sous le IIIe Reich mais le chef d'orchestre Herbert von Karajan fut-il pour autant nazi ? A cette question posée depuis sept décennies, sa dizaine de biographes répond plutôt non: Karajan fut surtout le roi de l'opportunisme. Sa carrière a décollé sous le IIIe Reich mais le chef d'orchestre Herbert von Karajan fut-il pour autant nazi ? A cette question posée depuis sept décennies, sa dizaine de biographes répond plutôt non: Karajan fut surtout le roi de l'opportunisme. Les relations troubles du maestro autrichien avec le nazisme restent une ombre au tableau de ce musicien d'exception qui régna après guerre sur l'Orchestre philharmonique de Berlin, l'Opéra de Vienne ou encore le Festival de Salzbourg. Réfugié fin 1944 en Italie puis accusé par les Alliés d'avoir été complice du régime nazi, Karajan fut interdit de pupitre au lendemain de la guerre avant d'être "dénazifié" en 1947 et de connaître la gloire internationale. Il rechignait à évoquer le passé. Il niait avoir adhéré à l'idéologie nazie mais accepta volontiers le tremplin que le régime hitlérien lui offrit, comme à d'autres, tels son collègue Karl Böhm ou la cantatrice Elisabeth Schwarzkopf, aux dépens des 5 à 10.000 musiciens déchus par les nazis. Pendant la guerre, Karajan dirigea des concerts dans des villes occupées, à Paris, Amsterdam, Copenhague ou Budapest, ou pour l'anniversaire du "Führer". Quand, en octobre 1938, la critique allemande encense le "miracle Karajan" pour sa direction de "Tristan et Isolde" de Wagner au Staatsoper de Berlin, le prodige autrichien a déjà pris depuis longtemps sa carte au parti nazi (NSDAP) créé par son compatriote Adolf Hitler. Et même deux fois: d'abord à Salzbourg, sa ville natale, en avril 1933, deux mois et demi après l'accession de Hitler au pouvoir à Berlin. Puis en 1935 en Allemagne: pour devenir directeur général de la musique d'Aix-la-Chapelle (ouest), affirmait-il. Il a alors 27 ans et est le plus jeune promu à une telle fonction en Allemagne. Faux, rétorque l'un de ses biographes, Peter Uehling, selon qui Karajan n'a nullement été contraint d'adhérer au NSDAP. Ce fut "un acte opportuniste", dicté par l'ambition - et non par une "conviction" nazie, Karajan étant "apolitique". Pour Misha Aster, historien canadien remarqué pour "L'Orchestre du Reich", un récent ouvrage qui traite des rapports du Philharmonique de Berlin avec le nazisme, "Karajan a usé à son avantage des circonstances de l'époque", mais il n'était pas nazi. Karajan reste "une énigme", juge le quotidien conservateur Die Welt. "Un jour, il a reconnu qu'il aurait même vendu sa grand-mère" pour parvenir à ses fins, relève The Independent en Angleterre, selon qui l'Autrichien "a utilisé les nazis autant qu'ils ont profité de lui". Hitler n'a jamais apprécié sa suffisance. Il ne lui a jamais pardonné d'avoir perdu le fil des "Maîtres chanteurs" de Wagner, opéra-culte du nazisme, lors d'une représentation à Bayreuth en 1939 dirigée sans partition. Marié en 1942 à une Allemande d'origine juive, Karajan parvint à convaincre les Alliés de sa non-allégeance au nazisme. Il assura avoir fui à Milan fin 1944 pour échapper à un ordre nazi d'incorporation dans un organe de propagande. Des amis l'aidèrent à se cacher, dont la famille Crespi, éditrice du quotidien Corriere della Sera. Jamais son passé trouble ne gêna sa carrière. Des pupitres du monde entier l'accueillirent. Dès 1947, il devint chef permanent du Philharmonia Orchestra de Londres. Puis "Der Chef" officia à la Scala de Milan, à Bayreuth, au Festival d'Edimbourg, en Suisse, au Japon... L'une des seules anicroches date de 1955: venu au Carnegie Hall de New York, Karajan fut confronté à des pancartes affirmant "Ils ont aidé Hitler à tuer des millions" d'innocents. Jamais il n'eut un mot pour la Shoah, jamais ne fut reçu en Israël. Le Philharmonique de Berlin s'y produisit pour la première fois en 1990. Un an après la mort du maestro.

En 1956, il prit les rênes du Festival de Salzbourg, qu'il dirigea d'une poigne de fer jusqu'à sa mort en 1989. Il y créa en outre, en 1967 et en 1973, les Festivals de Pâques et de Pentecôte.

Le Festival de Salzbourg programmera cet été, en hommage au maestro, "Un Requiem allemand" de Brahms interprété par le Philharmonique de Vienne sous la direction de Riccardo Muti.


 


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