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Publié le par lavapeur

L'ECHO des MONTAGNES, dans le légitime but de vous informer, pense que l'épisode WILLIAMSON a été réglé par le pape.

Le dialogue est renoué entre le pape et le monde juif.

APAISEMENT | La visite au Vatican d’une délégation du grand rabbinat d’Israël marque la fin de la crise liée à l’affaire Williamson.

  Benoît XVI et le rabbin Shear-Yashuv Cohen, hier au Vatican.Dans ses relations avec le judaïsme, le pape s’inscrit dans la continuité du Concile Vatican II, estime le théologien Claude Geffré.



«Un tournant positif pour la reprise du dialogue.» Reçus hier par Benoît XVI, le rabbin Shear-Yashuv Cohen et la délégation du grand rabbinat d’Israël qu’il conduisait ont quitté le Vatican rassurés.

La visite avait été annulée au plus fort de la crise née de la levée de l’excommunication de l’évêque négationniste Williamson. Parenthèse refermée: deux mois avant son voyage en Terre-Sainte, le pape a tenu à ses interlocuteurs les propos «clairs» qu’ils espéraient. «On ne pouvait attendre plus», a affirmé le rabbin Cohen.

Le souverain pontife a reconnu devant ses visiteurs «les erreurs» qu’il admet aussi dans la lettre aux évêques du monde, diffusée le jour même par le Saint-Siège: il n’a pas expliqué assez «les limites» de la «main tendue» et il ignorait les positions négationnistes de Williamson. «Le pape, a ajouté le rabbin Cohen, nous a fait comprendre qu’il n’aurait pas agi de la même manière s’il avait eu toutes les informations.»

«Un tournant irréversible»

C’est aussi ce que suggère Claude Geffré, dominicain, professeur de théologie, ancien directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem. S’il est parfois hésitant dans le dialogue interreligieux, Benoît XVI, estime Claude Geffré, ne manifeste aucune «frilosité» envers le judaïsme. Il s’inscrit sans aucune ambiguïté dans la continuité de Jean Paul II et du Concile Vatican II. Après avoir durant des siècles enseigné qu’elle se «substituait» à Israël, après avoir plaidé pour la conversion des juifs, l’Eglise catholique a noué depuis quarante ans «un dialogue fraternel» avec le judaïsme.

Ce tournant-là est «irréversible». Le pape n’est pas libre de céder aux pressions des intégristes hostiles à Vatican II. En outre, souligne Claude Geffré, Benoît XVI est Allemand: il pense que «la Shoah représente un excès dans le mal, totalement contraire au message évangélique».

Ce qui est en cause, c’est le manque de communication au sein de la Curie. Le théologien blâme une «conspiration du silence»; il dénonce en particulier le rôle joué par le cardinal Dario Castrillon Hoyos: président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le prélat a réservé le meilleur accueil aux héritiers de Mgr Lefebvre. La levée de l’excommunication des quatre évêques intégristes ne lui est pas étrangère.

Toute cette affaire, déplore Claude Geffré, révèle la montée en puissance de la Curie romaine: «Rome n’écoute plus les conférences épiscopales.» Les décisions prises auraient été «impensables» si les représentants des évêques allemands, suisses ou français avaient été consultés. Une volonté de «restauration» s’affirme, qui ne tient pas seulement à la personnalité du pape: il ne manque pas dans les dicastères de responsables qui profitent de la crise pour «régler leurs comptes» avec les défenseurs farouches du Concile Vatican II.

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