| "Juste devant mon Cyber, ils descendent le Bld Saint Michel en route pour la Bastille. Jamais vu autant d'énergie, de musiques diverses, techno, déguisés : plus de monde qu'à la dernière manif. Sarko et Carla enfoncés : ils n'arriveront pas à juguler la jeunesse qui tout à coup ressort ! Trois, quatre générations sur le terrain, surtout les 20/40 ans. De la vie, ce carnaval de Rio, l'explosion nécessaire que n'a pas atteint la fête de la musique. Le cri du peuple qui en a marre d'être jugulé. Tout a commencé il y a deux heures, il y en a encore pour ... 4 heures au moins. Et ça tangue, ça rythme, ça s'embrasse, ça gigotte et tambourinne, plus tous ceux sur les trottoirs qui recouvrent l'ensemble sous leurs passages. Les cris arrivent comme des déferlantes, et les sifflets strient. 35°. Musiques torrides. Avec grosses caisses, batteries et l'électronique. Secouer les couches. Les ballons énormes, les drapeaux, les étendars qui claquent, les bras tendus en l'air. Et ça scande. Lancinant. Une vague après l'autre. Même des bus anglais, chars après chars. Une syncro pas croyable. Saint Michel s'enflamme et rugit. BOUM BOUM, BOUM BOUM. Les claksons. D'autres tambours se pointent en cacades, et rythment. Des anges. En rouge. En blanc. Certains à 3 mètres de haut avec leurs ailes et leurs échasses. Des camions buvettes. Couleurs fracassantes. D'immenses tissus colorés recouvrant des centaines de personnes qui miment les vagues, et ça tambourine et insiste dans tous les sens. BOUM BOUM. Hurlements cosmiques. La foule rugit. Des diablotins. Des fées. Un glacier s'annonce bleu et blanc sur ses roues porteuses. Des maquillages qui valent ceux de l'Opéra. La grande classe. Et la fange qui se déroule. Une pagaille suivie d'un style. Tout sort. "Sexe, sexe. À bas la Vatican. Notre corps est à nous. Les droits de l'homme". Et un autre tsunami. Non, une sirène. Le cor de Roland de Ronceveau. Tout s'arrête. Plus rien ne bouge. Paris s'en souviendra, même si la presse le cache. Oh, elle sera là le 14 juillet pour les fonflons officiels où rien jamais ne jaillit. Elle aura raté l'événement, ici, tout de suite. Des confettis blancs saupoudrent les sols. De jeunes cinéastes prennent ce qu'ils peuvent. Point d'orgue. Le cor à nouveau. La sirène. BOUM. BOUM. BOUM. Tout reprend, d'un bloc. "Taï la To lo lo" Et que je te bouscule. Les Caraïbes. La trompette. La porte du Cyber s'ouvre et se ferme. Il fait frais dedans. Dehors, le four. Les soufflets poussent à danser. Les cuivres aussi. Des clameurs. des orchestres. Bon Dieu, ça gigotte. Encore l'événement. Encore d'autres jeunes. D'où sortent-ils ? Et la basse sous-tend. Et des milliers passent. On ne voit ni la police ni les RG comme pour les étudiants, ils sont submerfgés, il ne peuvent pas faire face à l'énormité qui se catapulte.. Des sons. Du bruit. Des annonces de trombonnes. Des violons. Les corps nus, à moitiés nus, les punks, les meules de foins délirantes de corps splendides. Les OH OH : la première association asiatique GAY avec ses éventails et une énergie qui embarque les immeubles bourgeois sur le chemin, d'où essaient de sortir de bagnoles !!!! En vain. Enfin un besoin, un cri désepéré d'autre chose. Une éclosion, que les sourds l'entendent ou pas. Même les tables du Cyber tremblent, les cages thoraciques résonnent, les murs vibrent. Ces asiatiques . "Le sida, ça plombe l'anbiance". Des milliers de bras se tendent sous ACT UP, des grappes de ballons roses qui montent et montent tenus par un fil. Voilà, en une heure. Même des pépés sont torses nus. Les chants guerriers envahissent. Du grand cinéma." Regardez l'ambiance de la MARCHE DES FIERTÉS: |